Le président Patrice Talon rompt le silence face à l’actualité nationale et politique de ces derniers jours. Dans un entretien exclusif accordé à la presse ce mardi 04 novembre 2025, le président Patrice Talon s’est exprimé autour des grands sujets d’actualité du pays, plongé dans un climat politique tendu, marqué par l’invalidation de la candidature du duo du parti Les Démocrates à la présidentielle de 2026. Une décision que l’opposition impute au pouvoir en place, l’accusant de vouloir verrouiller le jeu politique.
Cette prise de parole très attendue à la veille de l’examen par le Parlement du projet de révision constitutionnelle portant création d’un Sénat, et suite à la récente sortie médiatique de l’ancien président Thomas Boni Yayi, figure de proue du parti Les Démocrates, dénonçant un « débauchage orchestré » de députés démocrates et une volonté du chef de l’État d’écarter toute opposition réelle, intervient comme pour sortir la République de la confusion entretenue par les deux hommes depuis toujours.
L’entretien exclusif diffusé sur la télévision nationale a donc permis au président de remettre à l’endroit le curseur de la logique d’élucidation avec des révélations poignantes et émouvantes au sujet de la posture va-t-en-guerre entretenue par Boni Yayi sur des questions saillantes relevant du développement de la communauté et de l’animation de la vie politique.
Dans un style plutôt direct, et pour la première fois sortant de l’obligation de réserve que lui impose la fonction présidentielle, Patrice Talon a livré des détails jusque-là inconnus du grand public. Dans un langage terre à terre, il explique les origines de la crise électorale de 2019.

En effet, le Benin en 2019 a connu une crise politique majeure, avec comme point d’orgue, des actes de violences signalés çà et là. Pour mieux comprendre aujourd’hui l’état d’esprit de l’opposition radicale au régime de la Rupture, il fallait remonter à cette période-là.
Le discours de vérité du président Talon a mis en lumière la politique du pourrissement adoptée par Boni Yayi sur le front de l’initiative des réformes politiques depuis le début du mandat jusqu’aux élections législatives de 2019 auxquelles la Force cauri pour un Bénin émergent (FCBE), le parti de Yayi à l’époque n’a pu participer.
L’orateur n’a pas manqué de revenir sur ses efforts soutenus visant à ramener son prédécesseur à la raison mais rien n’y fit. « Yayi ne voulait pas que son parti FCBE aille aux élections législatives tout simplement parce qu’il n’entendait pas se plier aux réformes pensées sous le magistère du président Talon ».
Cet antagonisme exacerbé a conduit à la scission du parti FCBE avec la naissance des Démocrates. La même logique de blocage systématique amenait Boni Yayi à interdire à ses députés du parti Les Démocrates de voter le projet de budget général de l’Etat pour lequel la quasi-totalité de leurs propositions ont été prises en compte par le ministre des Finances.

Sur la question du code électoral qui prévoit au profit des partis politiques la possibilité des accords de gouvernance et des accords de coalition parlementaire pour relever le défi des 20% à obtenir dans chaque circonscription électorale législative avant d’être éligibles au partage des sièges à l’Assemblée nationale, l’ancien chef d’Etat Boni Yayi a selon les déballages du président Talon fait preuve d’un refus catégorique et dogmatique de collaborer selon l’idéal républicain prôné dans le cadre de la législation électorale.
Le chef de l’Etat se dit malheureux que le parti Les Démocrates n’aille pas à l’élection présidentielle de 2026. Pour le président Talon, le parti Les Démocrates aurait pu décrocher le sésame du parrainage s’il avait joué la carte du dialogue et de l’ouverture en établissant un accord de gouvernance avec la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), un autre parti de l’opposition. Talon s’indigne du fait que Boni Yayi et les siens aient préféré y aller sur le fil du rasoir avec leur candidat Renaud Agbodjo. Et la suite appartient à l’histoire.

Dans son langage, le développement de la Nation reste visiblement la priorité du président réformateur qui dans ce sens préconise aux responsables des différents partis de la majorité qui le soutiennent de prendre langue avec les transfuges du parti Les Démocrates pour leur permettre d’éclore l’idéal dont ils disent être porteurs en démissionnant de la coterie Yayi.
Tout en émettant le vœu qu’au terme de son mandat en 2026, lui-même et Boni Yayi prennent leur retraite politique, Patrice Talon s’offusque de ce que les guéguerres, les bras de fer que lui oppose inutilement celui qu’il appelle son grand-frère Boni Yayi, en soient venus à pourrir le paysage politique béninois.
Au terme de cette grande messe oratoire dite aux quatre coins du pays et au-delà des frontières nationales, Talon maintient ouvertes les portes du dialogue, dans la perspective des prochaines élections générales et rassure son peuple.

Bertin Djitrinou